Le jeu des constructions cachées


Activités et jeux / 13 janvier 2019

Ok mon patient était dans le bâtiment, ok c’est cliché de lui filer des briques de construction en bois, OK OK !

N’empêche qu’à 85 ans, il avait le sourire jusqu’aux oreilles en jouant.

Voici le jeu des constructions cachées, en réalité je ne connais pas son petit nom si tant est qu’il en ait officiellement un.

C’est un jeu adaptable et donc adapté aux petits comme aux aînées. Quelques prérequis sont toutefois nécessaires : connaître le nom des formes et des couleurs proposées ainsi que quelques repères spatiaux.

Comment y jouer : le jeu consiste à construire une structure à l’abris du regard de son partenaire de jeu. Une fois la construction terminée, il va falloir guider oralement son partenaire afin qu’il réalise la même construction que nous. A la fin, on lève le cache et on regarde les dégâts le résultat …

Pourquoi y jouer : avec ses deux phases, ce jeu permet à la fois d’exercer les coordinations oculo-manuelles et la dextérité pour la construction mais également dans la phase de guidage (que l’on soit le guide ou le guidé) les gnosies, l’orientation et l’organisation spatiale, la réversibilité, la topologie, le langage oral…

Il y a quelques temps, je l’ai utilisé avec un patient atteint d’une pathologie au nom barbare, APP (aphasie primaire progressive), qui entre la grande et moche famille des maladies neurodégénératives et qui a comme effet, entre autres choses, de priver progressivement la personne de ses capacités d’expression écrite (écriture et lecture) puis d’expression orale.

L’idée ici, c’était d’encourager le langage oral avec un support qui le valorise puisque ses coordinations oculo-manuelles et sa motricité fine sont très bonnes. Et puis ce qui est souvent important pendant les séances, quel que soit la médiation que l’on a choisie, c’est ce qui se passe en OFF.

Par exemple, en marge du jeu, il a pu me raconter avec fierté et l’oeil pétillant qu’il adorait son travail, qu’il avait dirigé des équipes et qu’il avait construit tout seul sa maison. Ça faisait plusieurs fois qu’il me le racontait mais ça lui faisait tellement plaisir de me le dire. Il voulait me montrer à quel point, il était différent de ce qu’il est devenu, qu’il était actif, bavard, passionné, travailleur, rieur, sportif… Alors même si ça faisait 6 fois qu’il me le racontait, je l’ai écouté comme si c’était la première fois et je lui ai dit que j’admirais tout ce qu’il avait fait et que je savais que cette maladie ce n’était pas lui. 

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